2024年是中法建交60周年,也是两国在石化领域合作深化的重要时刻。在过去几十年里,法国企业在中国的石化行业留下了浓墨重彩的一笔,20世纪80年代,法国道达尔能源公司帮助中国开发“南海第一井”,成为历史佳话。此后,法国企业纷纷来华投资发展。然而近年来,面对全球地缘冲突加剧、经济增长放缓等复杂变局,中法还能续写佳“化”吗?
《中国化工报》近期采访了中国石油和化学工业联合会(下称中国石化联)党委常委、外资委主任委员兼秘书长庞广廉,他强调,中国依然是全球投资的优选之地,并详细解读了中国在优化营商环境、支持外企发展等方面的努力。此外,文章还探讨了中法在新能源、绿色化工等领域的合作前景,以及中法合办的北京化工大学巴黎居里工程师学院如何培养跨文化化工人才,助力全球可持续发展。
以下是本文的法语译文,与您一同探讨中法石化合作的现实与未来。
L’année 2024, qui vient de s’écouler, marque le 60ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France. Alors qu’un nouveau cycle de 60 ans s’ouvre entre les deux pays, l’industrie pétrolière et chimique chinoise tend les bras à la nation qui a donné naissance à Antoine-Laurent Lavoisier, le « père de la chimie moderne ». —
Par Li Dongzhou, journaliste au China Chemical Industry News
La coopération sino-française dans le secteur pétrochimique puise ses racines dans l’histoire. Dans les années 1980, TotalEnergies a contribué au forage du “premier puits en mer de Chine méridionale”, inscrivant une page mémorable. Depuis, les entreprises françaises se sont progressivement implantées en Chine. Face aux bouleversements géopolitiques et au ralentissement économique mondial, cette belle histoire peut-elle se poursuivre ?
« À l’avenir, je dirais à ce pays qui a vu naître Lavoisier : la Chine reste une terre d’investissement privilégiée »,
affirme Pang Guanglian, secrétaire général du comité des investissements étrangers de la Fédération chinoise du pétrole et de la chimie (CPCIF), lors d’un entretien exclusif avec le China Chemical Industry News (CCIN).
« Venez, Lavoisier ! »
Examen des réalités actuelles : « Nous nous préoccupons de vos préoccupations »
Lors de la conférence annuelle du Conseil européen de l’industrie chimique (CEFIC) en novembre 2024, M. Pang a observé les hésitations de nombreuses entreprises françaises quant à leurs investissements en Chine. Leurs principales préoccupations ? L’environnement des affaires, selon plusieurs dirigeants interrogés par le CCIN..
« La Chine n'a cessé d'améliorer son climat d'investissement », rétorque M. Pang. « Les privilèges excessifs dont bénéficiaient les entreprises étrangères ont été supprimés, ce qui a pu créer un sentiment de décalage. » Zhang Xiaoyu, présidente d’Arkema Chine, souligne, quant à elle, les efforts continus du pays en matière d’ouverture économique et de soutien gouvernemental aux entreprises étrangères.
Les autorités chinoises et la CPCIF s’emploient activement à résoudre les difficultés rencontrées par les investisseurs étrangers. Air Liquide et d’autres entreprises françaises ont ainsi obtenu le soutien de la Commission nationale du développement et de la réforme pour résoudre des problématiques liées aux certificats d’énergie verte (GEC).

À Shanghai, où sont implantées plus de 1 000 entreprises françaises, des tables rondes régulières permettent d’aborder des questions pratiques telles que le recrutement d’experts étrangers. En janvier 2024, Li Yunpeng, cadre dirigeant de la CPCIF, a personnellement supervisé une réunion consultative avec des investisseurs étrangers.
« Des défis persistent, comme les transactions interprovinciales d’énergie verte ou les restrictions sur les PFAS.
Nous les abordons avec pragmatisme », explique M. Pang.
« ‘Agir en fonction de la réalité’ guide notre action, tandis que ‘comprendre vos priorités’ façonne notre accueil. »
Horizons de coopération : « Le plus grand romantisme français est d'aller de l'avant »
Les experts s’accordent à dire que l’innovation technologique et le développement durable offrent un potentiel majeur.« L’avant-gardisme technologique français peut s’allier à la puissance industrielle chinoise », estime M. Pang, citant l’exemple d’Axens, dont l’expertise en catalyseurs illustre cette complémentarité..
Mme Zhang d'Arkema insiste sur la nécessité de s'intégrer à l'écosystème chinois des nouvelles technologies : « Les "trois nouveaux joyaux" chinois - véhicules électriques, batteries lithium et panneaux solaires - imposent une collaboration étroite pour rester compétitif. »
Sur le plan écologique, les entreprises françaises apportent leur savoir-faire en matière de production propre et d’économie circulaire. Arkema a ainsi développé un nylon 100 % recyclable à base d’huile de ricin, intégré à un modèle commercial innovant de chaussures de sport renouvelables.

« La France cultive un romantisme tourné vers l'avenir », analyse M. Pang. « Qu'il s'agisse de technologies vertes ou d'innovations, elle se positionne en pionnière. »
Perspectives communes : « La "prochaine Chine" reste la Chine »
Alors que certains s'interrogent sur l'opportunité de maintenir des investissements en Chine, M. Pang cite McKinsey : « La "prochaine Chine" est toujours la Chine. » Il met en avant l’immensité du marché, l’amélioration continue du cadre réglementaire et une efficacité administrative exceptionnelle.
Mme Zhang souligne l’accélération spectaculaire de la transition énergétique chinoise : «L’essor des énergies renouvelables en quelques années à peine impressionne tous les observateurs. » Elle énumère les atouts du pays : stabilité politique, écosystème industriel complet, main-d’œuvre qualifiée et infrastructures chimiques de haut niveau.
TotalEnergies prévoit de poursuivre ses investissements, notamment dans les carburants d’aviation durables. Les récentes collaborations entre Sinopec et TotalEnergies, ou encore Wanhua Chemical et Air Liquide, illustrent cette dynamique.

Le rapport 2023 sur l’environnement commercial des entreprises françaises en Chine révèle que 56,8 % des sociétés interrogées restent optimistes quant aux perspectives du marché chinois.
Dans le contexte d’une coopération sino-française de plus en plus approfondie dans les domaines de l’énergie et de la chimie, l’Université de Technologie Chimique de Pékin (BUCT) et plusieurs écoles d’ingénieurs françaises renommées, représentées par École Nationale Supérieure de Chimie de Paris (Chimie ParisTech-PSL) au sein de la Fédération Gay-Lussac (FGL), dont l’École Supérieure de Chimie Physique Électronique de Lyon (CPE Lyon), Centrale Lille Institut, l’École Nationale Supérieure de Génie des Technologies Industrielles (ENSGTI) et l’École Nationale Supérieure des Ingénieurs en Arts Chimiques et Technologiques (ENSIACET) de Toulouse, ont cofondé en 2017 l’École d’Ingénieurs Chimie Pékin. En juin 2024, Chimie Pékin a obtenu l’accréditation de la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI) , devenant ainsi la première école d’ingénieurs franco-chinoise dans le domaine de la chimie à obtenir cette certification en Chine. Chimie Pékin a établi des partenariats stratégiques avec de nombreuses entreprises chimiques françaises, dont Arkema, TotalEnergies, Air Liquide et Veolia, répondant aux besoins du marché mondial en talents hybrides maîtrisant à la fois les technologies de pointe et les enjeux interculturels.

Des groupes comme Veolia, présents depuis 30 ans, témoignent de cette confiance durable. Leur projet phare de parc humide avec Yanhua Petrochemical, primé par l’ONU, symbolise les réussites possibles.
Jorge Mora, conseiller spécial de Veolia et pionnier de son implantation chinoise, résume cet attachement : « Renoncer à la Chine reviendrait pour moi à un exil sur la Lune.»

[Contexte]
Avec 1,4 milliard d’habitants et un PIB de 134 910 milliards de yuans (17 180 milliards d’euros) en 2024, la Chine demeure un pôle économique majeur. Son industrie pétrochimique, générant 1 600 milliards d’euros de chiffre d’affaires, attire des géants comme BASF et Shell. En 2024, le pays a enregistré 105,42 milliards d’euros d’investissements étrangers directs, avec plus de 59 000 nouvelles entreprises créées.